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On se rend compte de l' inadaptation de la garde
alternée quand l'enfant se met à présenter tout un ensemble de signes
spécifiques de la détresse, de la souffrance, c'est-à-dire du stress auquel
cette pratique le soumet.
La détresse de l'enfant, sa souffrance quand il ne
subit pas de maltraitance physique ou sexuelle vient de ce qui s'appelle la maltraitance
psychologique. La maltraitance
psychologique apparaît quand l'adulte ne porte attention ni ne respecte les
besoins, désirs, sentiments de l'enfant. Ce type de maltraitance se
manifeste sous forme d'indifférence au bien-être
physique et psychologique de l'enfant, de négation
de tout problème au sujet de cet enfant, sous forme d'insultes, d'humiliations de
toutes sortes, de réprimandes,
de pressions,
de punitions quand
l'enfant est obligé de se plier à des ordres, commandes ou consignes qui
vont à l'encontre de sa santé et de son bien-être.
Mis en
présence de ce parent, l'enfant a peur; il ne se sent pas rassuré avec cet
adulte qui ne sait pas et/ou ne veut pas le protéger, l'aider quand il en a
besoin ou qu'il en manifeste le désir. L'enfant ne sent pas en sécurité: il
pleure, crie, fait des crises nerveuses, refuse de partir avec ce parent.
Il est à remarquer
que les besoins, désirs et aspirations de l'enfant se trouvent sous la
dépendance de la tranche d'âge à laquelle il appartient.
Tout le
monde peut s'accorder sur le fait qu'un nourrisson de six semaines n'a pas
les mêmes besoins qu'un bébé de huit mois, celui-ci n'ayant pas les mêmes
besoins qu'un jeune enfant de deux ans; un enfant de deux ans n'a pas, lui
non plus, les mêmes besoins qu'un enfant de cinq à six ans et ainsi de
suite pour un pré-adolescent de neuf ans ou un adolescent de quinze ans.
Donnée la fragilité induite chez les enfants, petits et grands, par la
séparation de leurs parents, il y a nécessité pour ces derniers, encore
plus que lorsque la cellule familiale est intacte, d'être sensible à ce qui
est bon pour l'enfant en fonction de son âge.
Je pense en particulier aux nourrissons, aux bébés
à qui l'on applique le principe de garde alternée ou de garde trop longue
quand un seul de ses deux parents a su remplir le rôle du parent maternant
et nourricier et donc quand le bébé n'a été habitué qu'à cette seule personne.
Ce
nourrisson se trouve alors en état de choc, privé qu'il se trouve
brusquement et pendant un trop grand laps de temps de son parent maternant
ou figure nourricière familière. Quand elle s'étend sur plusieurs heures,
voir des journées entières mais aussi des nuits, la séparation de ce parent
est néfaste pour le nourrisson. Nous allons expliquer pourquoi ( voir aussi
infra dans stress et traumatismes).
Il est à
rappeler que chez le nourrisson, le bébé, les premiers repères sont des
repères perceptuels avant que ne se développent, avec la maturation
neuro-psychologique, les repères psycho-affectifs, puis cognitifs.
La reconnaissance de son monde extérieur se fait d'abord
et avant tout par les sens: ceux du toucher, de l'odorat, du goût, de
l'audition et de la vision.
Or, les
premiers repères par les sens sont ceux qui viennent de la mère génitrice: c'est dans son ventre que l'enfant à
naître s'est formé. Puis, les repères sont fournis par le parent maternant
et figure nourricière, mère, père, nourrice attitrée: d'où la nécessité (voir recommandations) pour
les parents qui se veulent parents maternants de s'occuper de leur bébé,
c'est-à-dire le faire manger, lui faire prendre son bain, assister à ses
levers, ses couchers, lui parler, le promener, le câliner, jouer avec lui et autres
activités; en un mot et tout bêtement, l'aimer tout en lui portant
attention, sécurité et bien-être.
Supprimons
ces repères, soit le parent maternant et nourricier: le bébé présente des
signes de détresse, d'angoisse; il s'agite, se met à pleurer et à crier.
Pour diminuer stress et donc angoisse chez le petit
être, il y a nécessité absolue de maintenir intacts ses repères familiers.
Je dirai par
ailleurs que cette observation procède d'une loi du comportement de tout organisme
vivant: que ce soit l'être humain, l'animal ou la plante, de les changer
de lieux, à plus forte raison quand cela se passe de façon récurrente, de
les "déraciner" et de les "transplanter", au bout d'un
temps l'état de stress que ces changements induisent fait que l'être
humain, l'animal deviennent malades, dépérissent alors que la plante, elle,
meure tout simplement; de même, changeons le petit enfant trop souvent de
personne maternante et nourricière quand l'autre parent n'a été ou ne se
sent parent aimant et maternant, il mettra du temps à s'adapter, peut-être
même il ne pourra pas du tout s'adapter et deviendra malade (voir stress et
traumatismes).
Donc, pour
éviter le maximum de stress, le nourrisson, le bébé ont besoin de la
présence familière du parent maternant, de sentir son odeur, d'être
bercer, câliner par lui, d'entendre sa voix, de le voir
auprès de lui. Les nuits apportant la perte des repères perceptuels et
induisant l'angoisse de ce fait, il est fortement déconseillé que les petis
enfants passent leurs nuits hors de la présence du parent maternant quand
il n'y en a eu qu'un seul jusqu'alors auprès d'eux.
De même,
avec les enfants plus grands, quand il n'y a eu qu'un parent maternant
auprès d'eux, l'autre ne s'étant pas ou très peu intéressé à ses enfants,
la garde alternée instaurée brusquement du jour au lendemain est inadaptée.
Il vaut mieux pour le bien de ces enfants de procéder par paliers d'habituation ( voir recommandations) et non par la
technique de l'"électro-choc" afin d'éviter traumatismes, stress
puis maladies (voir stress et traumatismes). Disons de suite
qu'il vaut mieux commencer par quelques heures, de jour, en présence
du parent maternant, puis sans le parent maternant avant de poursuivre par
des matinées ou des après-midi entiers, puis des jours entiers.
Les nuits
chez le parent qui avait été non-maternant jusqu'alors seront mises en
place, à commencer par une seule, une fois l'enfant rassuré en présence de
ce parent et donc n'en ayant plus autant peur au point de ne pas pouvoir
dormir chez lui.
En résumé, si la garde alternée est un moindre mal
pour les enfants de parents séparés quand ces derniers savent raison garder
avec assez de contrôle pour taire leurs différends, et sont capables de
faire preuve d'abnégation pour le bien de leurs enfants alors que ceux-ci
sont attachés à leurs père et mère, dans les autres cas, la garde alternée
se révèle un pur désastre. Dans ces cas-ci, l'alternance à part égale tant
celle du temps passé avec chaque parent que du lieu de résidence va induire
une situation vécue par les enfants, petits et grands, comme étant celle de
la maltraitance psychologique quand il n'y a pas, en plus, maltraitance
physique de la part de l'un des parents.
Or, quelle que soit la forme que prend la maltraitance,
celle-ci est vécue par l'enfant comme une nouvelle série de traumatismes
qui sont à l'origine de réactions de stress.
Suite à ces traumas, les manifestations
que prend le stress sont à la fois de nature physique et psychologique.
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